Innovation du côté des micro-algues à Banyuls-sur-Mer

Innovation du côté des micro-algues à Banyuls-sur-Mer

Depuis quelques années, les micro-algues prolifèrent sur les côtes françaises, notamment en Bretagne, et donnent lieu à des épisodes récurrents de pollution.
Les micro-algues sont essentielles à l’équilibre de nos mers et océans ; elles constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire dans les écosystèmes marins. Pourtant, parmi les milliers d’espèces connues, près de cent sont toxiques. En forte densité dans l’eau, elles peuvent contaminer la faune marine (destruction de stocks de poissons ou d’élevages conchylicoles), mais aussi provoquer certaines pathologies chez l’homme (via l’alimentation).

Ainsi, la start-up Microbia Environnement, créée en 2013 à Banyuls sur Mer, a élaboré un kit de détection des micro-algues en milieu marin, afin de prévenir ces risques toxiques dans les eaux marines et saumâtres. Cette jeune société a mis au point un outil simple, par une technique de biopuce, pour détecter et quantifier 40 espèces de micro-algues toxiques en seulement quatre heures, quand les autres procédés prennent habituellement 72 heures.

Microbia Environnement a récemment été récompensé au salon Pollutec à Lyon en décembre 2016 par le Trophée export des éco-entreprises. Il s’agit d’un nouveau succès pour les cofondatrices Delphine Guillebault et Carmem-Lara Manes, puisque la start-up s’était déjà vu décerner le prix Alfred Sauvy en novembre 2016 par le réseau des Cadres Catalans.

Cette innovation s’adresse avant tout aux professionnels de l’aquaculture et de la conchyliculture. Les autorités publiques sont aussi concernées : les micro-algues constituent de fait un enjeu de santé publique. Aussi, avec cet outil de gestion quotidienne de la qualité des eaux, Microbia aspire à devenir le leader mondial du diagnostic génétique en microbiologie environnementale dans les cinq prochaines années. La start-up des Pyrénées Orientales ne s’arrête pas à ce premier succès, puisque deux projets de R&D sont aussi à l’étude pour mettre au point des procédés d’évaluation de pollution des eaux marines.